PARTIE II – Témoignages de trois proches collaborateurs de longue date -Pierre Brochu

Pierre Brochu

Jean Garon, le député de Lévis d’abord et avant tout

J’ai œuvré auprès de Jean Garon pendant presque 20 ans, à l’Assemblée nationale, à son cabinet de ministre, au comté ou comme conseiller municipal à Lévis. Outre la marque qu’il a laissé sur la scène politique québécoise, qui est abondamment documenté par les témoignages de ce recueil, Jean Garon était d’abord et avant tout le Député de Lévis, ensuite le Ministre.

Je l’ai vu travailler avec acharnement pour défendre les citoyens, les institutions et les organismes du comté de Lévis, se battre pour obtenir du financement pour des projets importants dans tous les secteurs de l’activité gouvernementale, que ce soit la santé, l’éducation, le transport, la culture, etc.

Je l’ai vu défendre des dossiers envers et contre tous, souvent à l’encontre des « establishments » et de son propre parti, pour défendre les intérêts de son comté. L’exemple le plus frappant est la survie et le développement du chantier maritime de Lauzon, qu’il a toujours défendu sans réserve.

Il faut aussi mentionner le développement du lien sous-fluvial, qu’il ne rejetait pas du revers de la main, alors qu’il avait obtenu une aide financière du ministère des Transports du Québec en 1998 pour évaluer la faisabilité technique du projet. Il sentait que le projet avait un appui dans la population alors que toutes les élites de Lévis de l’époque (ville, chambre de commerce, etc.) s’y opposaient.

Pour illustrer cet engagement pour son comté, je me rappellerai toujours les propos de Mario Dumont, alors chef de l’ADQ, qui lui posait une question en chambre alors que Jean était ministre de l’Éducation; Mario Dumont termina son préambule en indiquant que sa question s’adressait au « Ministre de Lévis et aussi Député de l’Éducation ».

Les électeurs de Lévis ne craignaient pas de l’élire même s’ils savaient que son parti ne prendrait pas le pouvoir. La population de Lévis savait qu’elle ne pouvait avoir un meilleur représentant pour les défendre. Sa combativité, son « flair politique » et sa ténacité produisaient les résultats attendus et le comté de Lévis obtenait sa part, sinon plus, même lorsqu’il était dans l’opposition. Il participait à toutes les commissions parlementaires possibles pour interpeller les différents ministres libéraux sur des dossiers de son comté. Je me souviendrai toujours de la fois où des députés libéraux avaient constaté lors de l’étude des engagements financiers du ministère des Transports que ce dernier mettait plus d’argent pour les routes dans le comté de Lévis que dans leurs propres comtés. Évidemment, Jean était porte-parole de l’Opposition en matière de Transports et son vis-à-vis ministériel pouvait passer des heures et des heures en commission parlementaire si Jean n’obtenait pas satisfaction.

Il ne comptait pas les heures pour rencontrer les citoyens et les organismes de son comté, même lorsqu’il était ministre.  Il s’intéressait particulièrement aux organismes de loisirs et communautaires de son comté ainsi qu’aux bénévoles qui les animaient. Alors que la plupart des députés et ministres envoyaient les chèques à ces organismes par la poste, Jean Garon allait leur porter en personne le soir ou les fins de semaine dans le cadre de leurs activités régulières. Lors de mes premières années avec lui, je lui avais alors demandé pourquoi il faisait cela. Il m’avait répondu que c’était sa façon de savoir si les organismes se portaient bien, si les gens participaient à leurs activités et qu’elles étaient leurs besoins pour l’avenir.

Jean aura marqué non seulement le Québec mais aussi Lévis. Lors de mes nombreuses tournées avec lui, je me suis rendu compte à quel point il avait mis Lévis sur la carte partout au Québec.  Même à Montréal, les gens de la rue l’interpellaient souvent comme le Député de Lévis. Jean leur rendait bien car il ne manquait pas une occasion de rappeler aux gens que Lévis n’était pas une banlieue de Québec, qu’elle avait une mentalité et des particularités propres et différentes de la Capitale et qu’elle était la ville phare de la région Chaudière-Appalaches, région avec qui elle partageait des intérêts communs, notamment en matière de développement économique.

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