L’urgence d’agir

tag haut droiteInstitut Jean-Garon

Il serait possible ici d’aligner toute une série de chiffres et de constats illustrant les immenses réalisations du monde bioalimentaire québécois au cours de la dernière décennie.  Les histoires de succès sont multiples et on ne les diffusera jamais assez.  Mais tel n’est pas ici notre propos.

Le constat que nous voulons partager est que ce développement remarquable s’est fait sans plan de match, sans véritable leadership gouvernemental et qu’il est impensable de continuer de la sorte.

Nous voulons rappeler la vision porteuse énoncée il y a 10 ans dans le rapport Pronovost. Appuyée sur une démarche approfondie de consultation, d’analyse et de recherche, elle devait servir à ébaucher une politique pour les 10-15 années à venir. Malheureusement, il n’y a guère eu de suites concluantes.

Il est plus qu’urgent d’agir. L’imminence de la publication d’une politique gouvernementale permet d’espérer. Mais il faudra être vigilant : en dépit de son potentiel créatif, le monde de la production alimentaire est relativement conservateur. Depuis 10 ans, les deux « stratégies » gouvernementales « La fierté d’en vivre, Le plaisir de s’en nourrir » et la « politique de Souveraineté alimentaire » n’ont guère généré l’élan dont le bioalimentaire québécois a grand besoin.

Il est clair que des actions vigoureuses et des investissements considérables sont à diriger vers la « grande » agriculture, dont la production de masse nous nourrit au quotidien. Toutefois, nous aurons toujours beaucoup de difficultés à concurrencer, par exemple, certaines denrées que des pays peuvent produire pendant toute l’année à bas coût, alors qu’elles ne peuvent être chez nous que des produits saisonniers.

La recherche, l’innovation et la formation doivent ouvrir la voie au changement. La diversification, l’audace et l’écoute attentive des marchés doivent quant à elles nous faire sortir des recettes toutes faites.

Tous les modes souhaitables de production, les plus traditionnels comme les plus récents, doivent être englobés dans la future politique, mais force est de constater que, depuis dix ans, le changement est surtout porté par ce qu’on pourrait appeler « l’agriculture émergente » (bio, circuits courts, sols vivants, produits de niche, etc.). En voulant s’inspirer du modèle danois pour guider la future politique, le Premier ministre lui-même a mis l’accent sur ces pistes. Nous leur accordons donc beaucoup d’importance dans ces pages.

Mais que ce soit pour une agriculture ou une autre,  il y a urgence d’agir sinon, comme l’écrit Jean Pronovost dans son Plaidoyer pour une véritable politique bioalimentaire (p. 12) « les changements, dont plusieurs sont déjà amorcés ou hautement prévisibles, risquent [….] de s’imposer dans le désordre parce que nous aurons trop attendu et [….] de se réaliser dans un état de tension marqué par des fermetures et des faillites d’entreprises, des controverses sociales, des drames humains et une collectivité en mal d’une élémentaire autosuffisance alimentaire. »

 

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