Les «ORIENTATIONS ESSENTIELLES» du Rapport Pronovost

Le Sommet sur l’Alimentation de novembre 2017 a mis la table pour la future politique bioalimentaire. L’exemple du Danemark y a été cité avec enthousiasme par le Premier ministre Philippe Couillard. Mais que trouverons-nous vraiment ici dans nos assiettes?

Cette interrogation a constamment guidé notre travail d’analyse. Lors de l’exercice menant aux résultats de la page précé- dente, le constat s’est imposé que l’ensemble des recommandations est toujours pertinent. Une actualisation de la vision du rapport a été effectuée à la lumière des réalités et enjeux de 2018. Il s’en est dé- gagé une synthèse sous la forme d’orientations essentielles, qui correspondent davantage à l’esprit du rapport qu’à sa lettre. Ces 11 orientations pourraient constituer des grands objectifs pour la politique bioalimentaire.

Poursuivant la démarche, les 49 recommandations ont été réparties à travers ces 11 orientations, en tant que pistes d’action. La plupart des recommandations pourraient soutenir plus d’une orientation, comme illustré dans cette figure.

AU CENTRE

On trouve la clé d’un nouvel élan significatif du monde bioalimentaire qué- bécois, c’est-à-dire la volonté réelle du gouvernement du Québec d’assumer à nouveau le leadership par des décisions parfois difficiles mais structurantes. Nous croyons que cela ne sera possible qu’avec un engagement personnel fort du Premier ministre.

Rond

Au plan des relations fédérales-provinciales, ces actions structurantes visent notamment :

• l’obtention d’une part adéquate de ressources financières pour le secteur, un renforcement du système d’inspection des aliments et d’homologation des produits ainsi que la préservation de la gestion de l’offre dans le commerce international (#49);

• la réciprocité des normes canadiennes avec celles pour les produits importés (#41);

• la mise en place de diverses actions concernant les OGM (#39).

En matière de gouvernance interne, mentionnons :

• la réaffirmation du leadership gouvernemental en faveur du secteur (#46);

• une rigoureuse coordination interministérielle pour que les divers ministères deviennent porteurs de la politique dans leurs champs respectifs.

Par exemple :

– définir une politique d’approvisionnement pour les institutions relevant de l’État (#16);

– faire de l’Institut de technologie agroalimentaire le leader en formation (#17-18);

– établir un plan cadre pour la recherche et l’innovation avec des priorités et des cibles (#30);

– implanter des conventions à long terme pour la production de biens environnementaux (#35).

Il faut y ajouter : des indicateurs de suivi, une reddition de comptes et des ajustements périodiques, au besoin.

Il y a lieu de se réjouir du suivi déjà apporté à la recommandation sur la composition du conseil d’administration de La Financière agricole (#48). Il reste à en faire autant pour les nominations à la Régie des marchés agricoles (#14).

Quant à la recommandation sur la reconnaissance professionnelle des producteurs agricoles (#47), il est malheureux que son rejet immédiat part l’Union des producteurs agricoles ait entraîné la mise au rancart de l’essentiel du rapport depuis 10 ans. On a ainsi jeté le bébé avec l’eau du bain! Contrairement aux craintes de certains, il n’y pourtant pas de menace réelle à la survie de l’UPA. La vigueur de cette organisation bientôt centenaire ainsi que celle du secteur qui la porte sont garantes du maintien, peu importe les circonstances, de son rôle premier dans le paysage agricole québécois.

LE COMMENT, DES ENJEUX PRÉSENTS ET D’AUTRES SOUS-ESTIMÉS

Lors du Sommet de novembre dernier, il a été question d’investissements substantiels (plus de 15 G$ d’ici 2025) mais pas vraiment du comment cela pourrait se concré- tiser. C’est pourquoi, nous croyons que les orientations présentées dans la figure de cette page peuvent alimenter le contenu de la future politique.

Plusieurs thèmes abordés au Sommet ont fait l’objet de consensus, en convergence avec diverses positions énoncées lors du dernier congrès de l’UPA. Mentionnons les circuits courts, l’alimentation santé, les pratiques écoresponsables et le développement des régions. Par contre, des sujets comme la formation des producteurs agricoles et les changements climatiques ont moins retenu l’attention.

Les « orientations essentielles » sont présentées plus en détails dans la section  DOCUMENTS COMPLÉMENTAIRES AU CAHIER SPÉCIAL

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