CONJUGUER SANTÉ ET ALIMENTATION

 

CONJUGUER SANTÉ ET ALIMENTATION

 

C’est un point tournant au Québec que d’inscrire de manière spécifique une préoccupation de santé en amont de la production alimentaire. Cette préoccupation a d’ailleurs été clairement exprimée par le Premier ministre lors du Sommet sur l’Alimentation et fortement supportée par un grand nombre d’organisations de la société civile alors présentes.

 

Le rapport Pronovost et les discussions lors du Sommet s’inscrivent d’ailleurs en nette complémentarité et en convergence. Ainsi, le rapport mettait principalement l’accent sur la manière dont les aliments sont produits tout au long de la chaîne, insistant notamment sur l’innocuité et la traçabilité (pesticides, antibiotiques, hormones, OGM, etc.). Lors du Sommet, on a par contre surtout parlé de la manière de se nourrir : connaître les aliments (information, étiquetage), bien les choisir (ex. plus de fruits et légumes, aliments santé), réduire le gaspillage (redistribution, équité sociale), cuisiner soi-même (apprendre à le faire dès l’école) et adopter de saines habitudes de vie (éducation).

 

Dans ce contexte, la politique bioalimentaire devrait permettre d’assurer un meilleur contrôle de la qualité des aliments produits et consommés au Québec. Cela pourrait également être facilité par la diminution du nombre d’intermédiaires (circuits courts) et par une plus grande traçabilité appliquée tout au long de la chaîne de production, de transformation et de distribution des aliments. Soulignons qu’en matière de salubrité et d’innocuité, une préoccupation importante demeure, tant chez les producteurs agricoles (résolution du congrès de l’UPA) que dans la population en général : elle concerne les aliments provenant de l’extérieur du pays qui sont issus d’une production dont les règles sont différentes, voire moins exigeantes, que celles en vigueur chez nous (réciprocité des normes).

 

À cet égard, il faut signaler ici une lacune importante de contrôle et de traçabilité dans la chaîne alimentaire au Québec: depuis quelques années, il n’y a plus d’abattoir à grand volume pour les bovins. Nourris ici avec grand soin (traçabilité oblige), ils sont pour la plupart envoyés aux États-Unis pour l’abattage, après avoir subi le stress d’un transport de quelques milliers de kilomètres. Par la suite, rien ne garantit que les viandes qui nous sont envoyées proviennent bien de ces mêmes animaux. Au plan de l’innocuité, rien ne garantit non plus que ces viandes sont exemptes de résidus de produits qui sont ici bannis de l’alimentation animale. La nouvelle politique devra donc pourvoir à cette situation quelque peu inusitée.

 

La perspective santé est aussi une formidable occasion de promouvoir une saine alimentation à travers des efforts déployés en matière d’information et d’éducation. Elle pourrait faciliter l’atteinte d’un meilleur état de santé général de la population et, à terme, peut-être alléger un peu la pression sur le système de santé, qui est devenu le premier poste budgétaire du gouvernement. Étant donné le vieillissement de la population, il est difficile de concevoir que cette part pourrait diminuer au cours des années à venir mais on peut croire que des actions préventives au plan de l’alimentation pourraient aider à freiner l’augmentation des coûts. Rappelons que, quatre siècles avant Jésus-Christ, Hippocrate (père de la médecine) énonçait : « Que ton aliment soit ta seule médecine ».

 

Le rapport Pronovost présente un menu comportant des pistes d’action qui, par leurs effets cumulatifs, pourraient faire une différence par des interventions influençant la manière dont les aliments sont produits, mis sur le marché et consommés au Québec et ce, au-delà des seules responsabilités du MAPAQ. En voici un aperçu :

 

Santé et saine alimentation

 

– Une affirmation plus nette de la mission alimentaire du MAPAQ en faveur d’une contribution aux stratégies gouvernementales en santé et alimentation (#46.6).

– Une politique bioalimentaire axée sur la santé et une saine alimentation (#41) :

. La mise en œuvre par le secteur des stratégies et plans d’action pour l’adoption de saines habitudes de vie (#41.9).

. Un soutien au développement du Centre de référence en nutrition humaine pour des services sur Internet et un centre téléphonique sur les aliments et la santé  (#41.10).

. Un soutien aux entreprises de transformation pour développer des produits santé (#41.6).

. Des ressources aux institutions de recherche et des crédits d’impôt aux entreprises privées intéressées afin de favoriser le développement du créneau des aliments fonctionnels et des nutraceutiques (#41.8).

– La création d’un comité multidisciplinaire chargé de conseiller le gouvernement et d’informer la population sur les divers enjeux associés aux OGM (#40.1).

– Des choix prioritaires de recherche établis sur les lignes de force de l’agriculture québécoise et axés sur la santé et le respect de l’environnement (#28).

 

 

 

Production des aliments

 

– Une stratégie de soutien à la production biologique et une aide à la transition vers la production biologique (#13 et #7.2).

– Une stratégie de développement de la production des légumes en serre (#12).- Un encouragement au développement de produits différenciés et certifiés provenant de culture ou d’élevage sans pesticides de synthèse, ni hormones ou antibiotique utilisé comme facteur de croissance (#41.1).

– La mise en place complète de mesures de contrôle de la qualité des produits et de gestion des risques dans toute la filière alimentaire (#41.4).

– Une orientation de l’offre de service et de formation des ordres professionnels, des associations de diététistes et des universités pour répondre aux besoins des entreprises afin de développer des produits contribuant à une saine alimentation (#41.7)

– Une implantation accélérée de la traçabilité, assortie d’un étiquetage spécifique pour les produits contenant des OGM (#39.5 et #41.5).

– Le prélèvement auprès des commerces alimentaires d’un montant pour financer les services d’inspection en vue d’assurer des ressources stables à ces services (#46.4).

 

Cette énumération n’est pas exhaustive. On peut y ajouter les recommandations suivantes : #39 (autres sous-recommandations), #41 (autres sous-recommandations), #46.5.

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